Amère et désolée 3Nouvelles publié(e) par MentiePoeme > Nouvelles > Amère et désolée 3 |
| 13 Sep 2008 à 12:40 | Amère et désolée 3 |
![]() Mentie Message privé Poétesse active Poèmes publiés: 92 Commentaires: 408 Votes reçus: 105 Votes distribués: 7 Inscription: 2008-04-22 Bloquer |
III Le monde ne s'écroule pas alors, on le piétine plutôt, on marche sur les photos tombés pendant le déménagement, on les ramasse et on sourit, puis on secoue la tête, comme pour chasser le souvenir, trop douloureux le souvenir. Mais le mot « Maman » flotte encore dans l'air, rien à faire, il est incrusté dans les murs et dans les rideaux, les rideaux ça se jette, mais les murs, même lessivés portent encore la marque indélibile de la mère, parce que c'est ici qu'elle s'est cognée une fois en riant comme une folle, parce que ce trou c'est elle qui l'a fait, parce que c'était ses murs, sa maison. Mais il n'y a plus que la petite fille pour entendre encore la voix de sa mère, et alors elle descend en trombe les escaliers, mais non, rien ni personne, juste le père, plus que le père, l'intolérable hermétisme du père. Et l'odeur des beignets qui monte de la cuisine jusque dans les chambres, mais qui vole ainsi cette recette à la mater ? Ces beignets, c'est sa madeleine de Proust à elle, ils la renvoient aux dimanches de printemps, quand elle-petite clém-et maman étalaient la pâte à beignets avec le gros rouleau rouge, puis coupait des petits losanges que la mère plongeait délicatement dans l'eau bouillante. Mais maintenant l'odeur est pervertie, et perfide en plus de cela, la marâtre tenterait-elle de piéger la petite fille, de la baigner dans l'huile du souvenir, de la brûler, l'anesthésier, la rendre insensible aux parfums et aux goûts d'avant, quand existait encore maman. |
|
Poeme publié 13 Sep 2008 à 12:40 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 13 Sep 2008 à 14:20 | Re: Amère et désolée 3 |
![]() icnived Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 117 Commentaires: 2131 Votes reçus: 272 Votes distribués: 483 Inscription: 2008-09-05 Bloquer |
Merci. |
|
Poeme publié 13 Sep 2008 à 14:20 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 25 Sep 2008 à 20:09 | Re: Amère et désolée 3 |
![]() polaire Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 148 Commentaires: 1605 Votes reçus: 259 Votes distribués: 135 Inscription: 2008-07-17 Bloquer |
je continue |
|
Poeme publié 25 Sep 2008 à 20:09 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 27 Jan 2009 à 09:04 | Re: Amère et désolée 3 |
![]() eclaircie Message privé Poétesse créative Poèmes publiés: 255 Commentaires: 24140 Votes reçus: 1582 Votes distribués: 3419 Inscription: 2008-01-19 Bloquer |
je poursuis , tu évoques en moi des souvenirs, pas si terribles que la perte de Maman, mais des gestes ou odeurs rattachés à des instants douleur, ton écriture est toute en délicatesse. éclaircie |
|
Poeme publié 27 Jan 2009 à 09:04 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
| 27 Jan 2009 à 09:09 | Re: Amère et désolée 3 |
![]() fanfan54 Message privé Usager Supprimé Poèmes publiés: 87 Commentaires: 2071 Votes reçus: 277 Votes distribués: 187 Inscription: 2008-11-26 Bloquer |
Citation du message publié par Mentie
III Le monde ne s'écroule pas alors, on le piétine plutôt, on marche sur les photos tombés pendant le déménagement, on les ramasse et on sourit, puis on secoue la tête, comme pour chasser le souvenir, trop douloureux le souvenir. Mais le mot « Maman » flotte encore dans l'air, rien à faire, il est incrusté dans les murs et dans les rideaux, les rideaux ça se jette, mais les murs, même lessivés portent encore la marque indélibile de la mère, parce que c'est ici qu'elle s'est cognée une fois en riant comme une folle, parce que ce trou c'est elle qui l'a fait, parce que c'était ses murs, sa maison. Mais il n'y a plus que la petite fille pour entendre encore la voix de sa mère, et alors elle descend en trombe les escaliers, mais non, rien ni personne, juste le père, plus que le père, l'intolérable hermétisme du père. Et l'odeur des beignets qui monte de la cuisine jusque dans les chambres, mais qui vole ainsi cette recette à la mater ? Ces beignets, c'est sa madeleine de Proust à elle, ils la renvoient aux dimanches de printemps, quand elle-petite clém-et maman étalaient la pâte à beignets avec le gros rouleau rouge, puis coupait des petits losanges que la mère plongeait délicatement dans l'eau bouillante. Mais maintenant l'odeur est pervertie, et perfide en plus de cela, la marâtre tenterait-elle de piéger la petite fille, de la baigner dans l'huile du souvenir, de la brûler, l'anesthésier, la rendre insensible aux parfums et aux goûts d'avant, quand existait encore maman. Ton écrit est magnifique, il fait remonter, tant de souvenirs, de petirs faits et gestes, qui paraissaient anodins, à l'époque, mais qui se révèlent de merveilleux souvenirs, du temps où, l'être cher était encore présent ! Merci encore ! Fanfan ! |
|
Poeme publié 27 Jan 2009 à 09:09 + 1 Vote | Inapproprié? | Citer | Publier un commentaire à ce poème |
|
Instruction pour partager ce poème. Copier et coller le code suivant dans votre blog, site, email ou messagerie instantanée. |